
TOUT FAIT SIGNE
Hier, tous les villages, les villes, chaque concession, participaient au combat
de lutte traditionnelle sénégalaise opposant BalaGay 2 au roi des arènes
Yékini, victorieux de tous ses combats.
La lutte sénégalaise ce n'est pas seulement deux hommes à la musculature
impressionnante qui s'affronte dans un corps à corps réglementé c'est surtout
la victoire d'une puissance mystique sur une autre. Car ces hommes sculptés par
des années d'entrainement à eux seuls ne peuvent rien.
Ce sont les pouvoirs mystiques de leur marabout manager, leur foi en Dieu, leur
respect envers leur père et mère qui les font triompher.
D'ailleurs, après le combat, aucune exultation suite à la victoire mais,
tête baissée, humilité et gratitude de la part de ces colosses....
Hier donc, Balagay 2 en deux minutes et 10 secondes à terrasser, mis à terre,
les 125 kilos de muscles surentrainés de Yékini l'Invincible.
Une page se tourne, le jeune lion a vaincu le roi des arènes réputé
invulnérable !
De même que Macky a évincé le Vieux Wade....
Le lendemain de l'installation officielle de Macky au palais présidentiel,
il a plu. Etrange phénomène météo hors saison des pluies...
C'est un signe. Comme l'est la victoire de BalaGay 2.
Oui, les sénégalais, le souffle suspendu depuis depuis, respirent enfin à
l'issue du résultat du combat : le temps du changement est vraiment
venu.
Le 4 Avril jour de la fête de l'indépendance du pays et
jour choisi par le nouveau président de la république Macky Sall pour prendre
ses fonctions.
Pendant les élections pas mal de mauvaise encre à couler à l'étranger pour
dénoncer le manque de démocratie au Sénégal. A tel point que l'on envisageait
le pire, comme toujours, il serait plus juste de dire que l'on fabriquait le
pire, et que l'ambassade de France conseillait à ses ressortissants d'être dans
les starting block, prêts à fuir le marasme. A tel point donc, que les
touristes ont prudemment annulé leur voyage.
En effet,il y a eu quelques échauffourées dans les grandes villes, le peuple
manifestant pour une fois son mécontentement de manière visible. Il faut dire
que le prix du riz, a doublé en 5 ans, celui de l'essence, de l'huile, du sucre
etc...a confortablement gonflé aussi.
Bon, il fallait financer les infrastructures de transport, merci Me Wade, on
peut enfin se rendre à Dakar en moins de 2 heures quand tout va bien.
Mais de ces quelques mouvements de mauvaise humeur dont les sénégalais ne sont
pourtant pas coutumiers, d'une tempête dans un verre d'eau, on a prophétisé une
dictature Wadiste, pourquoi pas un coup d'état comme au Mali, l'effondrement
des valeurs démocratiques et l'embrasement du pays.
Certes, Me Wade a bien tenté quelques manipulations de la constitution par trop
visibles et dénoncées mais c'était mettre un peu vite dans le même sac le
dirigeant et son peuple.
On pourra dire bien des choses sur le peuple sénégalais, il n'en reste pas
moins qu'il est intelligent, digne et droit.
Plus que l'attitude de sa classe politique, c'est l'attitude du peuple
sénégalais que les autres pays africains et l'occident doivent saluer.
Comme en ce jour du 4 avril, où les sénégalais fêtent leur indépendance.
N'oublions pas que rien n'est possible sans ceux et celles qui forment une
nation. La réduire à ses seuls dirigeants c'est leur donner une importance
qu'ils n'ont pas.
Nous tous, à travers le monde, avons les dirigeants que nous méritons.
Leur attitude dépend de la notre, nous rendons possible ce qu'ils sont, pour le
meilleur et pour le pire.
Ayant acquis il y a peu la nationalité sénégalaise, je puis dire que je suis
fière d'appartenir à cette nation. Le peuple sénégalais m'a enseigné l'art de
vivre, l'art d'être tout simplement.
Kolamki était assoupi, tel le python qui digère longuement
une énorme proie : le départ de Tamsir pour la France et notre
séparation.
Il fallait que j'envisage l'avenir, désormais seule avec les
enfants.
Une certitude me guidait , je ne quitterai ni le Sénégal, ni Kolamki. Les
conditions exterieures avaient changé, la conviction qui m'anime de l'interieur
n'a pas vacillée. Fof Guene, Popenguine, j'y suis, j'y reste !
Pour le moment. Qui sait ce que la Vie me réserve encore ?! D'accord.
Kolamki reste ce que nous avons fait de mieux avec Tamsir pour éduquer nos
enfants à la hauteur de notre amour pour eux, Kolamki reste un lieu privilégié
pour ceux et celles qui veulent faire une pause dans leur existence. Pourquoi
ce besoin ?
C'est à chacun de trouver sa réponse.
Comme on le dit ici , en ce qui me concerne : Man gué fi rek, " je suis
là seulement".